
La cryptomonnaie a profondément transformé le secteur financier, suscitant des interrogations majeures quant à sa conformité au droit islamique. Bien que la cryptomonnaie soit une innovation technologique — ni fondamentalement halal ni haram — ce sont l’intention, l’utilisation et les résultats de son emploi qui définissent sa qualification selon l’Islam. Cette nuance est déterminante pour les investisseurs et traders musulmans souhaitant harmoniser leurs opérations financières avec les principes islamiques.
La technologie, telle que la cryptomonnaie, s’apparente à un outil. La jurisprudence islamique évalue l’usage et l’intention derrière l’utilisation d’un outil, et non l’outil lui-même. Par exemple, un couteau peut être utilisé à des fins licites comme la préparation alimentaire (halal), ou détourné pour nuire (haram). De même, Bitcoin et Ethereum sont des instruments neutres. Ce sont leur utilisation concrète et les actes des utilisateurs qui déterminent si leur usage demeure conforme à la loi islamique.
Le trading au comptant, où les cryptomonnaies sont achetées ou vendues directement à leur valeur de marché actuelle, est reconnu comme halal sous réserve du respect de certaines conditions :
Les cryptomonnaies généralement conformes aux principes halal sont celles qui présentent une utilité réelle et des bases éthiques :
Ces cryptomonnaies se distinguent par leur utilité concrète, au-delà de la simple spéculation, ce qui les rend plus adaptées aux principes d’investissement islamiques.
Le trading pair-à-pair représente une autre option halal pour l’échange de cryptomonnaies. Les transactions P2P impliquent des échanges directs entre individus, sans intervention d’intermédiaires ou de mécanismes d’intérêt (riba). Ce modèle d’échange direct répond aux principes islamiques du commerce. L’exigence principale reste que les cryptomonnaies échangées ne servent ni ne favorisent des activités haram, assurant ainsi la conformité éthique de toute la chaîne transactionnelle.
Les meme coins, comme Shiba Inu (SHIB), DogeCoin, PEPE et BONK, sont souvent considérés comme haram pour plusieurs raisons fondamentales :
En conséquence, les meme coins sont généralement jugés haram en raison de leur caractère spéculatif, de l’absence d’utilité productive et de leur exposition à des pratiques manipulatrices préjudiciables aux investisseurs particuliers.
Certaines cryptomonnaies sont spécifiquement créées pour favoriser des activités haram. Les tokens destinés à des plateformes de jeux d’argent en sont un exemple typique. Le trading de ces coins soutient et facilite indirectement des activités contraires à l’éthique, rendant ces opérations illicites selon la loi islamique. Les traders musulmans doivent faire preuve de vigilance afin d’identifier et d’éviter les cryptomonnaies dont la finalité principale concerne des usages haram.
Certaines cryptomonnaies présentent une double nature, leur licéité dépendant entièrement du contexte d’usage. Une plateforme blockchain peut soutenir simultanément des applications halal et haram. Dans ce contexte :
Les investisseurs musulmans doivent évaluer avec soin les usages principaux et l’écosystème de chaque cryptomonnaie avant d’y investir.
Le trading sur marge, c’est-à-dire l’emprunt de capitaux pour accroître la taille de ses positions, fait intervenir le riba (intérêt) dans les transactions. La finance islamique interdit strictement le riba sous toutes ses formes, explicites ou dissimulées. Lorsqu’un trader emprunte des fonds pour augmenter ses avoirs en cryptomonnaies, il s’expose à des frais d’intérêt ou de financement, transgressant ainsi un principe fondamental de l’islam. Par ailleurs, le trading sur marge implique le gharar (incertitude et risque excessifs), également prohibé dans le commerce islamique. La combinaison de l’emprunt à intérêt et de l’effet de levier crée une structure transactionnelle fondamentalement incompatible avec l’éthique financière islamique.
Le trading de futures consiste à conclure des contrats d’achat ou de vente de cryptomonnaies à un prix prédéterminé à une date future, généralement sans détenir ou vouloir détenir l’actif sous-jacent. Cette pratique relève de la spéculation pure et s’apparente à des mécanismes de jeu :
Pour ces motifs, le trading de futures et de produits dérivés sur cryptomonnaies est considéré comme haram selon la loi islamique.
Le trading de cryptomonnaies peut respecter les principes islamiques s’il est réalisé de manière responsable et éthique. Un engagement halal implique :
Les cryptomonnaies présentant une utilité tangible en matière de durabilité, de transparence des chaînes d’approvisionnement, d’applications décentralisées et de services économiques légitimes constituent des alternatives plus adaptées aux principes islamiques d’investissement. Les investisseurs musulmans doivent mener une due diligence approfondie, en comprenant à la fois les aspects technologiques et les implications éthiques de leurs investissements. En respectant ces critères, ils peuvent s’impliquer dans l’économie des cryptomonnaies tout en préservant les valeurs et principes financiers islamiques.
Le trading de cryptomonnaies est généralement reconnu halal s’il évite la spéculation, respecte les principes de la charia et répond à des objectifs légitimes. Bitcoin et Ethereum sont autorisés pour l’investissement à long terme sur le marché au comptant. En revanche, le trading à effet de levier, les contrats à terme et le day trading sont en général considérés comme haram, en raison de l’incertitude excessive et de leur caractère assimilable au jeu. Il est conseillé de consulter un savant islamique qualifié pour tout arbitrage.
Les principes islamiques prohibent le riba (intérêt) et le gharar (incertitude) dans les opérations financières. Un trading halal de cryptomonnaies doit exclure tout prêt à intérêt, garantir des contrats transparents et non ambigus, et respecter scrupuleusement les directives conformes à la charia pour assurer une conduite éthique.
Les méthodes halal incluent le day trading, le swing trading et le scalping qui évitent le riba (intérêt), le gharar (incertitude excessive) et les investissements contraires à l’éthique. Les traders doivent s’assurer que leurs opérations au comptant se font sans effet de levier, ni marge, ni comptes portant intérêt, afin de demeurer conformes aux principes de la finance islamique.
Les écoles islamiques expriment des positions diverses sur la cryptomonnaie. Certaines la considèrent halal si elle exclut les éléments interdits tels que le gharar et le riba, tandis que d’autres la jugent haram, invoquant l’incertitude et la spéculation. Aucun consensus total n’a encore été atteint parmi les savants islamiques.
Privilégiez les plateformes disposant des certifications ZICO Islamic et CryptoHalal. Vérifiez qu’elles respectent explicitement les normes financières islamiques, excluent les produits à intérêt et interdisent les actifs prohibés tels que l’alcool ou les tokens de jeux d’argent.
Le minage de cryptomonnaies est généralement admis dans le cadre islamique, à condition qu’il soit exercé de manière éthique. L’activité de minage n’implique ni intérêt ni incertitude. Toutefois, les questions d’impact environnemental et de consommation énergétique doivent être prises en compte. Les mineurs musulmans sont invités à consulter des savants pour valider la conformité avec leurs convictions religieuses.
Les stablecoins adossés à des actifs réels correspondent aux principes de la finance islamique, car ils évitent la spéculation et le gharar (incertitude). Les cryptomonnaies volatiles peuvent comporter une spéculation excessive prohibée par la charia, rendant les stablecoins plus adaptés aux investisseurs musulmans.
Évitez le riba (opérations à intérêt), le gharar (incertitude excessive) et la spéculation assimilable au jeu. Assurez-vous que les transactions portent sur des actifs légitimes, à des prix transparents et dans le respect d’activités éthiques conformes à la charia.











