Anduril Industries fondateur Palmer Luckey, qui vient de décrocher un contrat-cadre de 20 milliards de dollars avec l’armée américaine, a averti lors d’une interview sur Axios Show que l’avance des États-Unis dans la course à l’IA est « extrêmement faible », la Chine déployant l’IA dans tous les secteurs à une vitesse bien supérieure à celle des États-Unis. Il soutient également la décision du Pentagone de classer Anthropic comme une menace pour la chaîne d’approvisionnement, en soulignant que « les entreprises privées ne doivent pas avoir plus de pouvoir de décision militaire que le président ».
(Précédent : Trump veut interdire totalement Anthropic ! Refusant de modifier Claude « limite meurtre », il a étonnamment soutenu OpenAI)
(Contexte supplémentaire : le gala du Nouvel An chinois s’est transformé en un champ de bataille d’IA, pourquoi la Chine a-t-elle finalement pris l’avantage dans la course de puissance de calcul entre la Chine et les États-Unis ?)
Palmer Luckey, fondateur d’Anduril Industries, a déclaré cette semaine lors d’une interview sur Axios Show que l’avance des États-Unis dans la course à l’IA est « extrêmement faible », loin d’être aussi sécurisée que ce que l’on pense.
Luckey met en garde contre le fait que la Chine excelle dans la distillation des modèles d’IA américains et l’exploitation des résultats open source, et qu’elle déploie ces technologies dans chaque coin du gouvernement et de l’industrie à une vitesse bien supérieure à celle des États-Unis. Il estime que la Chine détient un « avantage structurel » dans la promotion de l’IA dans les applications concrètes, et qu’elle maximise ces atouts.
En résumé, les États-Unis pourraient être en tête dans le développement de modèles de pointe, mais la Chine avance beaucoup plus vite dans l’utilisation pratique de l’IA.
Luckey cite l’exemple du gouvernement fédéral américain, soulignant un grand décalage. Il explique que le Pentagone est le secteur le plus avancé dans l’application de l’IA, utilisant efficacement cette technologie dans ses opérations en Iran, mais que d’autres départements comme l’agriculture ou l’éducation sont encore très en retard, presque au point de départ.
Ce « déploiement rapide dans la défense, retard dans les autres secteurs » illustre concrètement la raison pour laquelle l’IA se déploie moins vite aux États-Unis qu’en Chine.
Côté matériel, l’usine d’Anduril à Arsenal-1, dans l’Ohio, couvre 5 millions de pieds carrés et sera opérationnelle dans quelques semaines, en avance sur le calendrier prévu. Cette usine marque une étape clé dans la transition d’Anduril d’une société de logiciels à un fournisseur de défense intégrée, combinant matériel et logiciel.
Interrogé sur la décision du Pentagone de classer Anthropic comme une menace pour la chaîne d’approvisionnement, Luckey a clairement exprimé son soutien à la position ferme du ministère de la Défense. Il a déclaré : « On ne peut pas laisser des dirigeants d’entreprises privées avoir plus de pouvoir de décision militaire que le président des États-Unis. »
Il a également répondu à la controverse précédente concernant le refus d’Anthropic d’assouplir les restrictions d’utilisation de Claude dans des scénarios militaires. Selon Luckey, la sécurité nationale ne doit pas être dictée par la politique d’une seule entreprise technologique.
Quant aux futurs champs de bataille, Luckey a donné une réponse inattendue : sous la surface, il pense que le terrain souterrain deviendra plus rapidement un enjeu que l’espace, puis la Lune. Cela laisse entendre qu’Anduril pourrait déjà avoir des projets dans la reconnaissance souterraine et les systèmes autonomes.
Ce grand entretien intervient peu après qu’Anduril a décroché un contrat de 20 milliards de dollars avec l’armée américaine, portant sur des solutions intégrées comprenant la plateforme de commandement et contrôle IA Lattice, ainsi que du matériel, des infrastructures de données et un support technique. La première commande de 87 millions de dollars est destinée à la lutte contre les drones.