Le 23 mars, Trump a annoncé un report de 5 jours des frappes contre les infrastructures énergétiques iraniennes, affirmant que de « très bonnes, productives » discussions et un « consensus important » avaient été trouvés entre les États-Unis et l’Iran. Dès l’annonce, le prix du Brent a chuté de 112 dollars à 99,94 dollars, soit une baisse de 10,92 % en une seule journée, la plus forte depuis le début de la guerre Epic Fury.
Mais le président iranien Ghalibaf a nié toute négociation directe ce jour-là. La Turquie, l’Égypte et le Pakistan jouent le rôle d’intermédiaires, Kushner et Witkoff coordonnent, mais il existe des divergences sur le fait même de négocier ou non.
Concernant l’Iran, ce n’est pas la première fois que Trump lance un « ultimatum » puis recule. Depuis 2018, ce schéma s’est répété sept fois.
En examinant toutes les menaces majeures de Trump contre l’Iran depuis 2018, le modèle est clair.
En 2018, il a quitté l’accord nucléaire iranien, tenant parole, avec la reprise des sanctions. En février 2026, il a lancé Epic Fury, également en tenant parole, en tuant Khamenei en 24 heures et en détruisant plus de 70 % des lanceurs de missiles iraniens (selon les évaluations israéliennes). Ces deux actions ont été entièrement réalisées, provoquant une forte réaction des prix du pétrole : le Brent est passé de 71 à 119,50 dollars, soit une hausse de 70 %.
Mais l’autre aspect est tout aussi notable. En juin 2019, l’Iran a abattu un drone américain, Trump a ordonné une attaque contre les radars et sites de missiles iraniens, avec l’armée prête à frapper, mais l’opération a été suspendue 10 minutes avant le lancement. Le 21 mars 2026, il a lancé un ultimatum de 48 heures pour rouvrir le détroit d’Ormuz, mais n’a pas agi à l’expiration, le report étant finalement de « 5 jours de suspension ».
Sur ces 7 menaces, 2 ont été totalement tenues, 2 partiellement, 2 abandonnées, 1 reste en suspens. La réaction du marché évolue aussi. Après l’arrêt de l’attaque en 2019, le prix du pétrole n’a reculé que de 3 à 5 %. Cette fois, le report de 5 jours a entraîné une chute immédiate de 10,92 %. La réaction du marché aux signaux de « suspension » s’amplifie, car les investisseurs intègrent de plus en plus rapidement la « dépréciation » des menaces.
Après l’expiration du délai de 5 jours, trois scénarios possibles :
Premier scénario : un accord-cadre. Pas un accord complet, mais plutôt un gel temporaire de 30 à 60 jours pour gagner du temps dans les négociations. Dans ce cas, le Brent pourrait revenir dans la fourchette de 80-90 dollars, proche de la prévision de Goldman Sachs pour 2026 à 85 dollars.
Deuxième scénario : prolongation des négociations. Après 5 jours, pas de frappe ni de signature, mais un nouveau délai de suspension. Le prix du pétrole oscillerait entre 95 et 110 dollars, sans éliminer ni augmenter la prime de risque de guerre.
Troisième scénario : reprise des frappes et maintien du blocus du détroit d’Ormuz. Selon le modèle de scénario du CSIS, si l’Iran intensifie ses attaques contre les installations pétrolières du Golfe après une frappe, le Brent pourrait atteindre 130-150 dollars. Le scénario extrême de Goldman Sachs est plus radical : si le blocus d’Ormuz dure 60 jours et que la production au Moyen-Orient diminue durablement de 2 millions de barils par jour, le prix pourrait dépasser le sommet historique de 147 dollars en 2008.
Le prix actuel de 100 dollars pour le Brent implique une probabilité d’environ 30-40 % d’aboutir à un accord. Autrement dit, le marché estime qu’il y a environ 60-70 % de chances que la situation ne s’améliore pas fondamentalement dans 5 jours. En cas d’échec des négociations, le prix pourrait encore monter de 30 à 50 dollars.
Les six exigences principales de Trump incluent l’arrêt de la concentration d’uranium, la démolition des installations nucléaires, un gel de 5 ans du développement de missiles, la cessation du financement des groupes armés proxy, la reconnaissance du droit à l’existence d’Israël, et la prise en charge physique par les États-Unis du stock d’uranium hautement enrichi iranien. Ces demandes dépassent largement le cadre de l’accord JCPOA de 2015, qui limitait le taux d’enrichissement à 3,65 %, tout en conservant les installations en fonctionnement, sans aborder les missiles ou les groupes proxy.
Le JCPOA de 2015 a été négocié sur 35 mois, depuis les contacts secrets en juillet 2012 à Oman jusqu’à la signature à Vienne. La période a été marquée par l’élection de Rohani, qui a permis une approche pragmatique, un accord provisoire à Genève pour instaurer la confiance, et 20 rounds de négociations directes entre le P5+1.
Où en est la progression vers 2026 ? Le 6 février, Oman a transmis un message indirect, puis la guerre a éclaté le 28 février. En 45 jours jusqu’au report du 23 mars, les deux parties n’étaient pas d’accord sur l’existence même de négociations. Les intermédiaires étaient la Turquie, l’Égypte et le Pakistan, et non pas une négociation multilatérale P5+1. Les conditions préalables (reconnaissance mutuelle de négociation) n’étaient pas remplies, alors que la voie de 2015 consistait à établir une confiance via des canaux secrets pendant plus d’un an avant d’ouvrir des négociations publiques.
Le levier militaire est le plus direct. La frappe contre les centrales électriques est la cible immédiate du report de 5 jours, et la reprise des frappes est la moins coûteuse à mettre en œuvre. Des options plus radicales incluent le blocus ou l’occupation de Kharg Island, déjà en discussion selon Al Jazeera le 20 mars. Kharg fournit environ 1,3 à 1,6 million de barils par jour (selon l’EIA). Sur le plan nucléaire, Natanz a été endommagé dès la première semaine de conflit, et Fordow, frappé en juin 2025, n’a pas encore transféré son uranium hautement enrichi (selon FDD). Cependant, la nouvelle installation de Pickaxe Mountain, construite sous un massif de granit à 100 mètres de Natanz, dépasse la portée des frappes aériennes. Actuellement, l’armée américaine déploie deux groupes de porte-avions, plus de 16 navires de surface et plus de 100 avions de combat au Moyen-Orient (selon Military Times), la plus grande concentration depuis la guerre d’Irak en 2003.
Côté économique, Trump a déjà annoncé en janvier des taxes de 25 % sur les pays commerçant avec l’Iran, principalement la Chine (plus de 90 % du commerce pétrolier iranien), ainsi que l’Inde, les Émirats arabes unis et la Turquie. L’Iran exporte encore environ 1,5 à 1,6 million de barils par jour, générant un revenu quotidien d’environ 140 millions de dollars (selon Defense News).
La cyberguerre est en cours. Selon Foreign Policy, avant Epic Fury, le Commandement cyber américain avait lancé une « opération non kinetic » qui a paralysé une partie des communications et systèmes d’alerte iraniens.
Mais l’Iran dispose aussi de leviers de contre-attaque. Selon le DIA, l’Iran pourrait maintenir le blocus du détroit d’Ormuz pendant 1 à 6 mois. Chaque jour, 20 millions de barils de pétrole brut et de produits raffinés transitent par le détroit, représentant 20 % de la consommation mondiale (données EIA). Les capacités de déviation par pipeline de l’Arabie saoudite et des Émirats ne dépassent pas 3,5 à 5,5 millions de barils par jour, laissant un déficit potentiel de 14,5 millions. L’Iran possède environ 1 500 missiles balistiques et 200 lanceurs (estimations israéliennes), et le Hezbollah aurait environ 25 000 missiles (évaluation israélienne).
Voici la logique sous-jacente à ce délai de 5 jours. Trump doit naviguer dans un piège de crédibilité : agir pourrait faire déraper le prix du pétrole et peser sur l’économie intérieure. Ne pas agir, c’est alimenter un cycle d’ultimatums et de reports qui affaiblit la capacité de faire monter la menace militaire. La situation iranienne est symétrique : négocier, c’est risquer de renforcer les factions modérées, ne pas négocier, c’est risquer une nouvelle frappe ciblant les centrales électriques ou Kharg Island. La date du 28 mars n’est pas une fin, mais le prochain tournant de ce piège.
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