## Perspectives sur le Nickel en 2026 : Pourquoi les Prix Risquent de Rester Sous Pression
Le marché du nickel entre 2026 confronté à un ennemi familier : un excès d'offre persistant qui freine la dynamique des prix. Tout au long de 2025, le nickel s'est échangé autour de 15 000 US$ par tonne métrique, piégé dans une fourchette étroite qui a frustré les producteurs et rendu les investisseurs prudents. En regardant vers l'année à venir, les analystes avertissent que sans changements substantiels dans la dynamique du marché, les prix du nickel devraient rester sous pression pendant une grande partie de 2026.
### Le dilemme de l'offre indonésienne
Le rôle de l'Indonésie en tant que plus grand producteur mondial de nickel continue de définir la trajectoire du métal. La production a explosé — le pays a extrait 2,2 millions de tonnes métriques en 2024 contre seulement 800 000 tonnes en 2019. Cette croissance explosive a inondé les marchés mondiaux de nickel, créant des stocks qui se trouvent désormais dans les entrepôts du London Metal Exchange à des niveaux record.
En novembre 2025, les stocks du LME avaient atteint 254 364 MT, soit près de 55 % de plus que les 164 028 MT enregistrés au début de l'année. En février 2025, les autorités indonésiennes ont augmenté leur quota, portant la capacité de production de minerai de nickel à 298,5 millions de tonnes brutes (WMT) contre 271 millions de WMT en 2024 — ostensiblement pour augmenter la production dans les principales zones minières.
Cependant, alors que les prix se sont détériorés, le calcul change. Avec un nickel tombant à 14 295 US$, les marges de profit, même pour les opérateurs indonésiens à faible coût, se sont considérablement resserrées. Les discussions sur des réductions de production se sont intensifiées, avec des rapports suggérant que le gouvernement indonésien pourrait viser une production d'environ 250 millions de MT en 2026 — une nette inversion par rapport à 379 millions de WMT en 2025. Pourtant, ces négociations restent fluides, et les objectifs finaux n'ont pas encore été fixés.
La question structurelle est de savoir si l'Indonésie respectera réellement ces réductions. Ewa Manthey, stratégiste en matières premières chez ING, adopte une position prudente. Elle soutient que l'offre mondiale de nickel devrait rester en surplus d'environ 261 000 MT en 2026, ce qui signifie que des coupes encore plus profondes seraient nécessaires pour rééquilibrer réellement le marché. L'Indonésie dispose également de nouveaux leviers politiques : un système de redevance dynamique introduit en avril, variant de 14 à 18 pour cent selon le niveau du prix du nickel, et des réformes des licences minières mises en œuvre en octobre, qui réduisent la durée de validité de trois à un an, donnant aux autorités un contrôle plus strict sur la production.
### Pressions sur la demande : plusieurs fronts
Du côté de la consommation, la situation est tout aussi difficile. L'acier inoxydable, qui représente plus de 60 % de la demande mondiale de nickel, dépend fortement des marchés de la construction en Chine. Le secteur immobilier chinois, bien que soumis à des efforts de stabilisation gouvernementale en 2024 et début 2025, continue de se détériorer. Les ventes de logements en novembre ont chuté de 36 % en glissement annuel, et les ventes cumulées sur les 11 premiers mois de l'année ont diminué de 19 %. Ce malaise immobilier a sapé les commandes d'acier inoxydable et maintenu la demande de nickel sous pression.
Le secteur des véhicules électriques, longtemps considéré comme le moteur de croissance du nickel, montre également des signes de stress. Les fabricants de batteries, dont Contemporary Amperex Technology, se sont tournés vers les chimies lithium-fer-phosphate (LFP), qui ont réduit l'écart de performance avec les batteries traditionnelles au nickel-manganèse-cobalt. La technologie moderne LFP permet désormais des autonomies supérieures à 750 kilomètres tout en offrant des avantages en termes de coûts et de sécurité par rapport aux alternatives au nickel.
Les données racontent l'histoire : la demande de batteries au nickel a augmenté de seulement 1 % en glissement annuel en septembre 2025, tandis que la demande en LFP a bondi de 7 %. Ce changement est particulièrement marqué sur les marchés occidentaux. Les ventes de véhicules électriques aux États-Unis, soutenues par le crédit d'impôt de 7 500 US$, ont chuté de 46 % au quatrième trimestre par rapport au troisième trimestre, et de 37 % par rapport au même trimestre en 2024. De grands constructeurs comme Ford ont réagi en réduisant leurs engagements dans l’électrique, enregistrant une dépréciation de 19,5 milliards de dollars US et réorientant leurs ressources vers des véhicules à autonomie prolongée et des hybrides. Par ailleurs, l'Union européenne a abandonné ses plans d'interdire les moteurs à combustion interne d'ici 2035, ce qui indique une réduction de l'engagement envers une électrification rapide.
### Perspectives des prix du nickel en 2026 : potentiel limité de hausse
Ces vents contraires convergents indiquent un environnement de prix difficile. Manthey d'ING prévoit que le nickel aura du mal à rester au-dessus de 16 000 US$ en 2026, avec une moyenne attendue de 15 250 US$. Cela s'aligne étroitement avec la prévision de la Banque mondiale de 15 500 US$ pour 2026, qui devrait augmenter modestement pour atteindre 16 000 US$ en 2027. Les catalyseurs de hausse restent limités — une perturbation majeure de l'offre ou une demande de l'acier inoxydable ou des batteries exceptionnellement robuste pourrait apporter un soulagement, mais il semble improbable que les prix se maintiennent durablement au-dessus de 19 000 US$ dans le contexte actuel.
Nornickel, autre poids lourd de la production mondiale, prévoit un excédent de marché de 275 000 MT de nickel raffiné en 2026. Jusqu'à ce que l'équilibre entre l'offre et la demande se réalise ou que les moteurs de la demande s'accélèrent significativement, les investisseurs en nickel doivent se préparer à une période prolongée de pression à la baisse des prix à court et moyen terme.
La grande conclusion : la trajectoire du nickel dépendra de la coordination des grands producteurs sur la discipline de la production, de la stabilisation des marchés immobiliers chinois, et du regain de dynamisme des politiques de transition énergétique. En l'absence de ces changements, l'actualité du nickel laisse penser que le métal restera dans une fourchette de prix limitée et sous pression de vente tout au long de 2026.
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## Perspectives sur le Nickel en 2026 : Pourquoi les Prix Risquent de Rester Sous Pression
Le marché du nickel entre 2026 confronté à un ennemi familier : un excès d'offre persistant qui freine la dynamique des prix. Tout au long de 2025, le nickel s'est échangé autour de 15 000 US$ par tonne métrique, piégé dans une fourchette étroite qui a frustré les producteurs et rendu les investisseurs prudents. En regardant vers l'année à venir, les analystes avertissent que sans changements substantiels dans la dynamique du marché, les prix du nickel devraient rester sous pression pendant une grande partie de 2026.
### Le dilemme de l'offre indonésienne
Le rôle de l'Indonésie en tant que plus grand producteur mondial de nickel continue de définir la trajectoire du métal. La production a explosé — le pays a extrait 2,2 millions de tonnes métriques en 2024 contre seulement 800 000 tonnes en 2019. Cette croissance explosive a inondé les marchés mondiaux de nickel, créant des stocks qui se trouvent désormais dans les entrepôts du London Metal Exchange à des niveaux record.
En novembre 2025, les stocks du LME avaient atteint 254 364 MT, soit près de 55 % de plus que les 164 028 MT enregistrés au début de l'année. En février 2025, les autorités indonésiennes ont augmenté leur quota, portant la capacité de production de minerai de nickel à 298,5 millions de tonnes brutes (WMT) contre 271 millions de WMT en 2024 — ostensiblement pour augmenter la production dans les principales zones minières.
Cependant, alors que les prix se sont détériorés, le calcul change. Avec un nickel tombant à 14 295 US$, les marges de profit, même pour les opérateurs indonésiens à faible coût, se sont considérablement resserrées. Les discussions sur des réductions de production se sont intensifiées, avec des rapports suggérant que le gouvernement indonésien pourrait viser une production d'environ 250 millions de MT en 2026 — une nette inversion par rapport à 379 millions de WMT en 2025. Pourtant, ces négociations restent fluides, et les objectifs finaux n'ont pas encore été fixés.
La question structurelle est de savoir si l'Indonésie respectera réellement ces réductions. Ewa Manthey, stratégiste en matières premières chez ING, adopte une position prudente. Elle soutient que l'offre mondiale de nickel devrait rester en surplus d'environ 261 000 MT en 2026, ce qui signifie que des coupes encore plus profondes seraient nécessaires pour rééquilibrer réellement le marché. L'Indonésie dispose également de nouveaux leviers politiques : un système de redevance dynamique introduit en avril, variant de 14 à 18 pour cent selon le niveau du prix du nickel, et des réformes des licences minières mises en œuvre en octobre, qui réduisent la durée de validité de trois à un an, donnant aux autorités un contrôle plus strict sur la production.
### Pressions sur la demande : plusieurs fronts
Du côté de la consommation, la situation est tout aussi difficile. L'acier inoxydable, qui représente plus de 60 % de la demande mondiale de nickel, dépend fortement des marchés de la construction en Chine. Le secteur immobilier chinois, bien que soumis à des efforts de stabilisation gouvernementale en 2024 et début 2025, continue de se détériorer. Les ventes de logements en novembre ont chuté de 36 % en glissement annuel, et les ventes cumulées sur les 11 premiers mois de l'année ont diminué de 19 %. Ce malaise immobilier a sapé les commandes d'acier inoxydable et maintenu la demande de nickel sous pression.
Le secteur des véhicules électriques, longtemps considéré comme le moteur de croissance du nickel, montre également des signes de stress. Les fabricants de batteries, dont Contemporary Amperex Technology, se sont tournés vers les chimies lithium-fer-phosphate (LFP), qui ont réduit l'écart de performance avec les batteries traditionnelles au nickel-manganèse-cobalt. La technologie moderne LFP permet désormais des autonomies supérieures à 750 kilomètres tout en offrant des avantages en termes de coûts et de sécurité par rapport aux alternatives au nickel.
Les données racontent l'histoire : la demande de batteries au nickel a augmenté de seulement 1 % en glissement annuel en septembre 2025, tandis que la demande en LFP a bondi de 7 %. Ce changement est particulièrement marqué sur les marchés occidentaux. Les ventes de véhicules électriques aux États-Unis, soutenues par le crédit d'impôt de 7 500 US$, ont chuté de 46 % au quatrième trimestre par rapport au troisième trimestre, et de 37 % par rapport au même trimestre en 2024. De grands constructeurs comme Ford ont réagi en réduisant leurs engagements dans l’électrique, enregistrant une dépréciation de 19,5 milliards de dollars US et réorientant leurs ressources vers des véhicules à autonomie prolongée et des hybrides. Par ailleurs, l'Union européenne a abandonné ses plans d'interdire les moteurs à combustion interne d'ici 2035, ce qui indique une réduction de l'engagement envers une électrification rapide.
### Perspectives des prix du nickel en 2026 : potentiel limité de hausse
Ces vents contraires convergents indiquent un environnement de prix difficile. Manthey d'ING prévoit que le nickel aura du mal à rester au-dessus de 16 000 US$ en 2026, avec une moyenne attendue de 15 250 US$. Cela s'aligne étroitement avec la prévision de la Banque mondiale de 15 500 US$ pour 2026, qui devrait augmenter modestement pour atteindre 16 000 US$ en 2027. Les catalyseurs de hausse restent limités — une perturbation majeure de l'offre ou une demande de l'acier inoxydable ou des batteries exceptionnellement robuste pourrait apporter un soulagement, mais il semble improbable que les prix se maintiennent durablement au-dessus de 19 000 US$ dans le contexte actuel.
Nornickel, autre poids lourd de la production mondiale, prévoit un excédent de marché de 275 000 MT de nickel raffiné en 2026. Jusqu'à ce que l'équilibre entre l'offre et la demande se réalise ou que les moteurs de la demande s'accélèrent significativement, les investisseurs en nickel doivent se préparer à une période prolongée de pression à la baisse des prix à court et moyen terme.
La grande conclusion : la trajectoire du nickel dépendra de la coordination des grands producteurs sur la discipline de la production, de la stabilisation des marchés immobiliers chinois, et du regain de dynamisme des politiques de transition énergétique. En l'absence de ces changements, l'actualité du nickel laisse penser que le métal restera dans une fourchette de prix limitée et sous pression de vente tout au long de 2026.