**Les racines profondes de la crise de la dette américaine : pourquoi manquent les réformateurs**



Les États-Unis font face à une situation apparemment paradoxale : d’un côté, un gouvernement dont la situation financière est au bord de l’effondrement, de l’autre, une concentration de la richesse sociale entre les mains de quelques-uns. Derrière cet déséquilibre se cache un problème encore plus profond — l’absence de leaders politiques forts prêts à briser le statu quo des intérêts.

**La vérité révélée par les données**

La dette nationale américaine a dépassé 34 000 milliards de dollars, ce n’est pas un chiffre abstrait, mais un signal concret de crise financière. Plus alarmant encore, les dépenses pour le paiement des intérêts de la dette ont désormais dépassé les dépenses militaires, devenant le poste budgétaire unique le plus important du gouvernement fédéral. Cela signifie qu’une part croissante des recettes fiscales est consacrée au service de la dette ancienne, plutôt qu’à l’investissement dans les infrastructures, l’éducation ou d’autres domaines essentiels.

Lorsque le gouvernement ne peut plus équilibrer ses comptes, trois options s’offrent généralement : augmenter les impôts, réduire les dépenses ou émettre plus de monnaie. Ces dernières années, les États-Unis ont choisi d’émettre de la monnaie et d’accroître leur endettement, ce qui a entraîné une inflation de plus en plus forte, et une baisse continue du pouvoir d’achat des citoyens ordinaires.

**Concentration de la richesse et impuissance politique**

Wall Street et les grandes institutions financières contrôlent une part énorme de la richesse sociale. Ils détiennent non seulement de la liquidité, mais aussi le pouvoir de fixation des prix des actifs mondiaux. En théorie, face à une crise nationale, les riches, détenant d’importants actifs, devraient assumer une responsabilité sociale. Mais la réalité est tout autre.

La racine du problème réside dans le mode de financement politique aux États-Unis. Les campagnes électorales nécessitent des fonds considérables, principalement fournis par les institutions financières de Wall Street et les riches. Une fois qu’un politicien obtient le soutien de ces mécènes, il doit défendre leurs intérêts. Ainsi, chaque fois qu’une proposition d’imposition d’un impôt sur les plus-values ou de renforcement de la régulation financière est évoquée, les lobbies exercent leur influence au Congrès, empêchant toute réforme de voir le jour.

**Les leçons de l’histoire**

La dernière fois que les États-Unis ont réussi à faire face à une crise économique majeure, c’était durant la Grande Dépression des années 1930. À cette époque, le gouvernement de Roosevelt a montré une forte volonté politique, en réformant la finance, en lançant le New Deal, en créant un système de sécurité sociale, et en utilisant la fiscalité progressive pour réguler la répartition des revenus. Le gouvernement de cette époque disposait d’un pouvoir suffisant pour limiter l’expansion incontrôlée du capital.

Aujourd’hui, il est difficile de trouver de tels réformateurs dans la scène politique américaine. Les politiciens en place se préoccupent principalement de leur réélection et de plaire à leurs mécènes, plutôt que de résoudre les problèmes structurels. La réforme fiscale reste à l’état de promesses orales, sa mise en œuvre étant reportée sine die.

**Les risques liés au déséquilibre du système**

Lorsque la richesse des riches est enfermée dans des résidences luxueuses ou des comptes offshore, et que la majorité de la population se trouve en difficulté face à la hausse du coût de la vie, la tension sociale s’accumule. L’expérience historique montre que tout grand pays où la richesse se concentre excessivement, et où la majorité vit dans la précarité, voit inévitablement surgir des troubles sociaux.

Plus dangereux encore, la confiance dans le dollar est menacée. En tant que monnaie de réserve mondiale, la valeur du dollar repose sur la crédibilité du crédit américain. Si le marché commence à douter de la capacité des États-Unis à rembourser leur dette, et si la réalité montre qu’ils ne peuvent ni augmenter les impôts ni maîtriser efficacement leurs dépenses, le statut international du dollar sera sérieusement mis à l’épreuve.

**Un cercle vicieux sans issue**

Les États-Unis se trouvent actuellement dans un cercle vicieux : la dette publique pousse la banque centrale à maintenir une politique monétaire accommodante, ce qui entraîne une surabondance de monnaie et une inflation croissante, tandis que les réformes sont bloquées par les groupes d’intérêts. La politique bipartite, en surface, n’est qu’un affrontement d’intérêts, en réalité une lutte entre différents groupes de capitaux, chacun défendant les intérêts de ses mécènes plutôt que ceux du peuple.

Pour briser ce cycle, il ne suffit pas d’ajuster la politique économique, il faut un leader audacieux et déterminé, prêt à défier les intérêts établis. Mais dans le cadre actuel du système, la probabilité de voir émerger un tel leader est très faible.

La crise américaine, en fin de compte, est une question de riches, de nation et de système. Tant que la capacité d’auto-réparation de ce système sera perdue, la crise de la dette ne fera qu’empirer, et les fractures sociales s’approfondiront.
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