La scène est prête pour une divergence fascinante en 2026. La Réserve fédérale a déjà entamé sa campagne de réduction des taux — trois coupures ont été effectuées en 2025, portant la fourchette cible des fonds fédéraux à 3,5 %–3,75 %. Pendant ce temps, la Banque centrale européenne reste en territoire neutre, maintenant son taux de référence à 2,15 % depuis juillet. La question cruciale : que se passe-t-il lorsqu’une banque centrale continue d’assouplir, ce qui implique un passage à des conditions monétaires plus souples, tandis que l’autre reste immobile ?
L’économie de la zone euro : morose, mais résiliente
Ne pas confondre lenteur et défaillance. La zone euro a connu une croissance de 0,2 % au troisième trimestre 2025, ce qui peut sembler modeste jusqu’à ce qu’on regarde de plus près. L’Espagne et la France ont toutes deux enregistré respectivement 0,6 % et 0,5 % de croissance, tandis que l’Allemagne et l’Italie sont restées stables. Les prévisions révisées de la Commission européenne racontent la vraie histoire : une croissance de 1,3 % attendue pour 2025, 1,2 % en 2026, et 1,4 % en 2027. Oui, 2026 a été légèrement revue à la baisse — un avertissement discret que l’élan pourrait ralentir.
Les vents contraires structurels sont réels. Le secteur automobile allemand a subi une chute de 5 % en raison de la transition vers l’électrique et des frictions dans la chaîne d’approvisionnement. Les dépenses en innovation ont pris du retard par rapport aux États-Unis et à la Chine, laissant les segments technologiques européens vulnérables. Ensuite, il y a la carte maîtresse commerciale : l’approche tarifaire réciproque de l’administration Trump menace d’imposer des tarifs de 10 % à 20 % sur les biens européens. Si cela se concrétise, les exportations de l’UE vers les États-Unis pourraient diminuer de 3 %, avec l’automobile et la chimie en ligne de mire.
Le scénario de base est la résilience sans excès — exactement le genre de contexte moyen où les banques centrales peuvent se permettre de rester immobiles.
L’inflation qui revient : la raison pour la BCE de faire une pause
L’inflation a cessé de coopérer avec le scénario de désinflation. En novembre, l’inflation dans la zone euro a atteint 2,2 % en glissement annuel, contre 2,1 % en octobre, dépassant l’objectif de 2,0 % de la BCE. La composition est révélatrice : alors que l’énergie a chuté de 0,5 %, l’inflation des services a accéléré à 3,5 % contre 3,4 %. C’est cette inflation tenace, difficile à éliminer, que craignent les banques centrales.
Le 18 décembre, la BCE a maintenu inchangés ses trois taux clés — le taux de dépôt à 2,00 %, le taux de refinancement principal à 2,15 %, et le taux de prêt marginal à 2,40 %. La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a indiqué que la posture de politique monétaire est dans une « bonne position », ce qui se traduit par : ne pas s’attendre à une action dans l’immédiat. Le consensus du marché est aligné : un sondage Reuters montre que la majorité des économistes prévoient que les taux de la BCE resteront inchangés jusqu’en 2026 et même en 2027, bien que la confiance diminue nettement à mesure que les prévisions s’éloignent dans le temps.
Christian Kopf, d’Union Investment, ne prévoit pas de mouvement à court terme ; si quelque chose devait changer en 2026, il le voit plutôt en fin 2026 ou début 2027, et potentiellement en direction d’une hausse. La chef économiste de BNP Paribas, Isabelle Mateos y Lago, renforce que le seuil pour toute action de politique reste élevé lors des prochaines réunions.
La trajectoire d’assouplissement de la Fed : plus de coupures en 2026
La Fed a surpris les marchés en effectuant trois coupures en 2025, dépassant sa projection de décembre 2024 de deux. Après une pause en mars en raison des préoccupations liées à l’inflation tarifaire, la banque centrale a pivoté dans la seconde moitié de l’année. Les progrès en désinflation et un marché du travail en ralentissement ont ouvert la voie. Des coupures de 25 points de base ont été effectuées en septembre, octobre et décembre, portant le taux des fonds fédéraux à 3,5 %–3,75 %.
La politique ajoute une autre variable. Le mandat de Jerome Powell se termine en mai 2026, et une nouvelle nomination semble peu probable. Trump a critiqué Powell pour sa lenteur dans la réduction des taux et a suggéré que son successeur accélérerait le processus. La signalisation : s’attendre à une direction plus dovish.
Les principaux prévisionnistes s’attendent largement à plusieurs coupures en 2026. Mark Zandi, économiste en chef de Moody’s, anticipe des coupures, mais pas parce que l’économie américaine est en plein essor — plutôt parce qu’elle marche sur une corde raide. Goldman Sachs, Morgan Stanley, Bank of America, Wells Fargo, Nomura et Barclays prévoient tous deux coupures pour 2026, ce qui porterait la cible des fonds fédéraux à 3,00 %–3,25 %. Goldman vise mars et juin ; Nomura suggère juin et septembre.
EUR/USD en 2026 : deux scénarios possibles
La direction de l’euro en 2026 dépend essentiellement de si la croissance européenne tient bon pendant que la Fed continue d’assouplir, ce qui implique une baisse des taux. La différence de taux d’intérêt compte, mais les marchés négocient autant l’histoire que l’écart.
Scénario un : l’Europe traverse la tempête, la Fed continue de couper
Si la croissance de la zone euro reste au-dessus de 1,3 % et que l’inflation augmente lentement, la BCE reste sur place. Avec la Fed qui coupe deux fois et la BCE en pause, l’écart de rendement se réduit. Historiquement, cela soutient l’euro. UBS Global Wealth Management (EMEA CIO Themis Themistocleous) soutient cette vision : l’EUR/USD pourrait grimper vers 1,20 d’ici mi-2026.
Scénario deux : ralentissement européen et choc commercial
Si la croissance chute en dessous de 1,3 % et que les vents contraires commerciaux se font sentir, la BCE pourrait pencher vers des coupures pour soutenir l’activité. Cela inverserait la tendance. L’EUR/USD reviendrait probablement de ses sommets de 2025 vers 1,13 en support, ou potentiellement jusqu’à 1,10.
Où en sont les banques
Les prévisions divergent parce que les hypothèses diffèrent :
Citi prévoit que le dollar se renforcera, avec un EUR/USD à 1,10 d’ici 2026. Leur thèse : la croissance américaine repart à la hausse et la Fed coupe moins que ce que le marché anticipe. Ils voient un point bas potentiel autour de 1,10 au troisième trimestre 2026 — soit une baisse d’environ 6 % par rapport aux niveaux actuels de 1,1650.
UBS adopte une position haussière sur l’euro : si la BCE maintient ses taux et que la Fed coupe, cette compression des rendements soutient la devise. Leur objectif : 1,20 d’ici mi-2026.
En résumé
L’EUR/USD en 2026 dépend essentiellement de si la croissance européenne reste suffisamment solide pour maintenir la BCE ancrée, tandis que la Fed poursuit son assouplissement, ce qui implique une série de réductions de taux. Si 2026 se déroule selon le scénario « la Fed coupe, l’Europe tient bon », l’EUR/USD tendra à la hausse. Si cela devient « l’Europe flanche, les chocs commerciaux s’accélèrent, la BCE suit », alors 1,13 et 1,10 ne seront plus seulement des cibles théoriques — elles deviendront des objectifs concrets. Les 12 prochains mois dépendront du flux de données, des messages de la Fed, et de savoir si les guerres commerciales restent théoriques ou deviennent réalité.
Voir l'original
Cette page peut inclure du contenu de tiers fourni à des fins d'information uniquement. Gate ne garantit ni l'exactitude ni la validité de ces contenus, n’endosse pas les opinions exprimées, et ne fournit aucun conseil financier ou professionnel à travers ces informations. Voir la section Avertissement pour plus de détails.
Confrontation de la BCE en 2026 : pourquoi le destin de l'euro dépend du divergence de politique
La scène est prête pour une divergence fascinante en 2026. La Réserve fédérale a déjà entamé sa campagne de réduction des taux — trois coupures ont été effectuées en 2025, portant la fourchette cible des fonds fédéraux à 3,5 %–3,75 %. Pendant ce temps, la Banque centrale européenne reste en territoire neutre, maintenant son taux de référence à 2,15 % depuis juillet. La question cruciale : que se passe-t-il lorsqu’une banque centrale continue d’assouplir, ce qui implique un passage à des conditions monétaires plus souples, tandis que l’autre reste immobile ?
L’économie de la zone euro : morose, mais résiliente
Ne pas confondre lenteur et défaillance. La zone euro a connu une croissance de 0,2 % au troisième trimestre 2025, ce qui peut sembler modeste jusqu’à ce qu’on regarde de plus près. L’Espagne et la France ont toutes deux enregistré respectivement 0,6 % et 0,5 % de croissance, tandis que l’Allemagne et l’Italie sont restées stables. Les prévisions révisées de la Commission européenne racontent la vraie histoire : une croissance de 1,3 % attendue pour 2025, 1,2 % en 2026, et 1,4 % en 2027. Oui, 2026 a été légèrement revue à la baisse — un avertissement discret que l’élan pourrait ralentir.
Les vents contraires structurels sont réels. Le secteur automobile allemand a subi une chute de 5 % en raison de la transition vers l’électrique et des frictions dans la chaîne d’approvisionnement. Les dépenses en innovation ont pris du retard par rapport aux États-Unis et à la Chine, laissant les segments technologiques européens vulnérables. Ensuite, il y a la carte maîtresse commerciale : l’approche tarifaire réciproque de l’administration Trump menace d’imposer des tarifs de 10 % à 20 % sur les biens européens. Si cela se concrétise, les exportations de l’UE vers les États-Unis pourraient diminuer de 3 %, avec l’automobile et la chimie en ligne de mire.
Le scénario de base est la résilience sans excès — exactement le genre de contexte moyen où les banques centrales peuvent se permettre de rester immobiles.
L’inflation qui revient : la raison pour la BCE de faire une pause
L’inflation a cessé de coopérer avec le scénario de désinflation. En novembre, l’inflation dans la zone euro a atteint 2,2 % en glissement annuel, contre 2,1 % en octobre, dépassant l’objectif de 2,0 % de la BCE. La composition est révélatrice : alors que l’énergie a chuté de 0,5 %, l’inflation des services a accéléré à 3,5 % contre 3,4 %. C’est cette inflation tenace, difficile à éliminer, que craignent les banques centrales.
Le 18 décembre, la BCE a maintenu inchangés ses trois taux clés — le taux de dépôt à 2,00 %, le taux de refinancement principal à 2,15 %, et le taux de prêt marginal à 2,40 %. La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a indiqué que la posture de politique monétaire est dans une « bonne position », ce qui se traduit par : ne pas s’attendre à une action dans l’immédiat. Le consensus du marché est aligné : un sondage Reuters montre que la majorité des économistes prévoient que les taux de la BCE resteront inchangés jusqu’en 2026 et même en 2027, bien que la confiance diminue nettement à mesure que les prévisions s’éloignent dans le temps.
Christian Kopf, d’Union Investment, ne prévoit pas de mouvement à court terme ; si quelque chose devait changer en 2026, il le voit plutôt en fin 2026 ou début 2027, et potentiellement en direction d’une hausse. La chef économiste de BNP Paribas, Isabelle Mateos y Lago, renforce que le seuil pour toute action de politique reste élevé lors des prochaines réunions.
La trajectoire d’assouplissement de la Fed : plus de coupures en 2026
La Fed a surpris les marchés en effectuant trois coupures en 2025, dépassant sa projection de décembre 2024 de deux. Après une pause en mars en raison des préoccupations liées à l’inflation tarifaire, la banque centrale a pivoté dans la seconde moitié de l’année. Les progrès en désinflation et un marché du travail en ralentissement ont ouvert la voie. Des coupures de 25 points de base ont été effectuées en septembre, octobre et décembre, portant le taux des fonds fédéraux à 3,5 %–3,75 %.
La politique ajoute une autre variable. Le mandat de Jerome Powell se termine en mai 2026, et une nouvelle nomination semble peu probable. Trump a critiqué Powell pour sa lenteur dans la réduction des taux et a suggéré que son successeur accélérerait le processus. La signalisation : s’attendre à une direction plus dovish.
Les principaux prévisionnistes s’attendent largement à plusieurs coupures en 2026. Mark Zandi, économiste en chef de Moody’s, anticipe des coupures, mais pas parce que l’économie américaine est en plein essor — plutôt parce qu’elle marche sur une corde raide. Goldman Sachs, Morgan Stanley, Bank of America, Wells Fargo, Nomura et Barclays prévoient tous deux coupures pour 2026, ce qui porterait la cible des fonds fédéraux à 3,00 %–3,25 %. Goldman vise mars et juin ; Nomura suggère juin et septembre.
EUR/USD en 2026 : deux scénarios possibles
La direction de l’euro en 2026 dépend essentiellement de si la croissance européenne tient bon pendant que la Fed continue d’assouplir, ce qui implique une baisse des taux. La différence de taux d’intérêt compte, mais les marchés négocient autant l’histoire que l’écart.
Scénario un : l’Europe traverse la tempête, la Fed continue de couper
Si la croissance de la zone euro reste au-dessus de 1,3 % et que l’inflation augmente lentement, la BCE reste sur place. Avec la Fed qui coupe deux fois et la BCE en pause, l’écart de rendement se réduit. Historiquement, cela soutient l’euro. UBS Global Wealth Management (EMEA CIO Themis Themistocleous) soutient cette vision : l’EUR/USD pourrait grimper vers 1,20 d’ici mi-2026.
Scénario deux : ralentissement européen et choc commercial
Si la croissance chute en dessous de 1,3 % et que les vents contraires commerciaux se font sentir, la BCE pourrait pencher vers des coupures pour soutenir l’activité. Cela inverserait la tendance. L’EUR/USD reviendrait probablement de ses sommets de 2025 vers 1,13 en support, ou potentiellement jusqu’à 1,10.
Où en sont les banques
Les prévisions divergent parce que les hypothèses diffèrent :
Citi prévoit que le dollar se renforcera, avec un EUR/USD à 1,10 d’ici 2026. Leur thèse : la croissance américaine repart à la hausse et la Fed coupe moins que ce que le marché anticipe. Ils voient un point bas potentiel autour de 1,10 au troisième trimestre 2026 — soit une baisse d’environ 6 % par rapport aux niveaux actuels de 1,1650.
UBS adopte une position haussière sur l’euro : si la BCE maintient ses taux et que la Fed coupe, cette compression des rendements soutient la devise. Leur objectif : 1,20 d’ici mi-2026.
En résumé
L’EUR/USD en 2026 dépend essentiellement de si la croissance européenne reste suffisamment solide pour maintenir la BCE ancrée, tandis que la Fed poursuit son assouplissement, ce qui implique une série de réductions de taux. Si 2026 se déroule selon le scénario « la Fed coupe, l’Europe tient bon », l’EUR/USD tendra à la hausse. Si cela devient « l’Europe flanche, les chocs commerciaux s’accélèrent, la BCE suit », alors 1,13 et 1,10 ne seront plus seulement des cibles théoriques — elles deviendront des objectifs concrets. Les 12 prochains mois dépendront du flux de données, des messages de la Fed, et de savoir si les guerres commerciales restent théoriques ou deviennent réalité.