Perspectives EUR/USD 2026 : L'inaction de la BCE face à la modération de la Fed — Quelles sont les prochaines étapes

La trajectoire de l’euro jusqu’en 2026 dépend d’un écart de politique monétaire qui s’élargit : une Réserve fédérale qui réduit activement ses taux contre une Banque centrale européenne qui semble satisfaite de maintenir sa position. Cet écart de taux — et la façon dont les marchés interprètent les narratifs sous-jacents — déterminera si l’EUR/USD grimpe vers 1,20 ou recule vers 1,13 et en dessous.

La BCE adopte une position patiente tandis que l’inflation persiste

La Banque centrale européenne est restée ferme depuis juillet, maintenant son taux de refinancement principal à 2,15 %. Cette pause délibérée reflète un contexte nuancé : la croissance de la zone euro reste modérée, mais l’inflation refuse de coopérer clairement.

Les dernières données d’Eurostat ont montré une inflation globale à 2,2 % en glissement annuel en novembre, dépassant légèrement l’objectif de 2 % de la BCE. L’inflation des services — la composante tenace — a augmenté à 3,5 % contre 3,4 % le mois précédent. C’est précisément ce type de persistance qui rend les banques centrales nerveuses à l’idée de réduire trop agressivement.

La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a indiqué en décembre que la politique est dans une « bonne position », excluant toute urgence dans un sens ou dans l’autre. Le consensus du marché est aligné : un sondage Reuters a révélé que la majorité des économistes s’attendent à ce que les taux restent inchangés jusqu’en 2026, avec des prévisions pour 2027 dispersées dans une fourchette large de 1,5 % à 2,5 % — un signe que la conviction s’affaiblit à mesure qu’on s’éloigne dans le temps.

Croissance européenne : lente mais pas cassée

Le tableau économique de la zone euro est mitigé. La croissance du T3 s’est établie à 0,2 %, bien que l’Espagne et la France aient dépassé cette moyenne avec respectivement 0,6 % et 0,5 %, tandis que l’Allemagne et l’Italie ont stagné. La dernière projection de la Commission européenne prévoit une croissance de 1,3 % pour 2025 (révisée à la hausse), 1,2 % pour 2026 (réduite), et 1,4 % pour 2027 — un léger signe que 2026 pourrait être plus chahuté que ce que le consensus veut admettre.

Les vents contraires structurels sont réels. Le secteur automobile allemand, secoué par la transition vers l’électrique et les disruptions d’approvisionnement, a vu sa production contracter de 5 %. Par ailleurs, le sous-investissement a laissé des pans entiers de l’Europe à la traîne des États-Unis et de la Chine dans des secteurs technologiques clés. Les risques commerciaux s’accumulent également. La stratégie tarifaire réciproque de l’administration Trump a suscité des craintes d’escalade, avec des droits de douane potentiellement compris entre 10 % et 20 % sur les produits européens. Les économies dépendantes des exportations sont particulièrement vulnérables, avec des projections suggérant que les expéditions de l’UE vers les États-Unis pourraient diminuer de 3 %, les secteurs automobiles et chimiques étant les plus touchés.

Pourtant, le récit n’est pas celui d’un effondrement — c’est une résilience lente. La croissance existe ; elle n’est simplement pas impressionnante.

La Fed en mode relâchement ; 2026 pourrait apporter plus de réductions

Contrastons cela avec la Réserve fédérale. Après avoir déjà réduit trois fois en 2025 — dépassant sa projection de décembre 2024 de deux — la Fed a porté sa fourchette cible à 3,5 %–3,75 %. Une pause en mars a reflété les craintes d’inflation liées aux tarifs, mais le refroidissement de la désinflation et l’affaiblissement des marchés du travail ont ouvert la voie à des réductions dans la seconde moitié de l’année.

Les dynamiques politiques compliquent la donne. Le mandat du président de la Fed, Jerome Powell, expire en mai 2026, et sa reconduction semble peu probable. Trump a à plusieurs reprises reproché à Powell sa lenteur dans la réduction des taux et a laissé entendre que son choix de président de la Fed favoriserait une politique d’assouplissement plus agressive. Le président devrait nommer ce successeur début janvier.

Les grandes banques — Goldman Sachs, Morgan Stanley, Bank of America, Wells Fargo, Nomura et Barclays — sont généralement d’accord pour prévoir deux autres réductions en 2026, portant les taux à 3,00 %–3,25 %. L’économiste en chef de Moody’s, Mark Zandi, partage cette vision, même s’il la présente comme une économie vacillant sur un « équilibre délicat » plutôt qu’en plein essor. Que les réductions aient lieu en mars et juin (l’appel de Goldman) ou en juin et septembre (l’avis de Nomura), la tendance est claire : vers le bas.

Le champ de bataille monétaire : deux narratifs concurrents

L’EUR/USD en 2026 se résumera essentiellement à savoir si l’Europe peut tenir bon pendant que la Fed continue de réduire.

Le scénario haussier pour l’euro : Si la croissance de la zone euro reste au-dessus de 1,3 % et que l’inflation revient progressivement à l’objectif, la BCE reste en position. Cette combinaison de patience de la BCE et d’assouplissement de la Fed réduit l’écart de rendement, ce qui pourrait faire monter l’EUR/USD au-dessus de 1,20. UBS Global Wealth Management prévoit cette trajectoire, anticipant un passage à 1,20 d’ici mi-2026.

Le scénario baissier pour l’euro : Une croissance plus faible (inférieure à 1,3 %), aggravée par des chocs commerciaux ou une inflation persistante, pourrait contraindre la BCE à réduire ses taux. Ce scénario compromettrait probablement la reprise de l’euro en 2025 et ramènerait l’EUR/USD vers 1,13 ou moins. Citi envisage cette option, projetant un EUR/USD à 1,10 d’ici le troisième trimestre 2026 — soit une baisse d’environ 6 % par rapport aux niveaux actuels de 1,1650 — en supposant que la croissance américaine se redresse et que la Fed réduise moins que ce que le marché anticipe.

La réalité est que 2026 deviendra un test de la durabilité des narratifs. Si « réductions de la Fed + Europe qui traverse la tempête » tient, l’euro a de la marge pour monter. Si « Europe ralentit + choc tarifaire + BCE qui assouplit » devient l’histoire dominante, le potentiel de hausse sera rapidement plafonné, et la zone 1,13–1,10 cessera de sembler une théorie pour devenir une évidence.

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