S'étouffer dans la gorge : la première étincelle du nouveau capitaine de Téhéran

13 mars 2026, pour l’Iran qui vient de perdre son père dans la coalition américaine-israélienne, c’est une journée de redéfinition de la volonté nationale. Le nouveau guide suprême iranien, Mujtaba Khamenei, a prononcé ce jour-là sa première déclaration nationale depuis sa prise de fonction.

À travers les images de la télévision nationale, ce nouveau leader, qui n’avait jamais publié de déclaration écrite et était resté longtemps hors du regard public, a envoyé un message clair au monde : l’Iran ne reculera pas face à l’attaque contre ses dirigeants, mais utilisera le détroit d’Ormuz, cette « gorge » stratégique de l’énergie mondiale, comme levier, en exhortant les pays voisins à « fermer rapidement les bases militaires américaines », faute de quoi ces installations deviendront des cibles légitimes pour l’armée iranienne.

Cette déclaration intervient au 13e jour d’une série de raids massifs menés par la coalition américano-israélienne contre des cibles en Iran, un moment crucial où tout le pays est plongé dans une atmosphère de vengeance.

  1. Une transition de pouvoir en pleine guerre

● L’entrée en fonction de Mujtaba Khamenei s’accompagne d’une forte odeur de poudre et d’une tonalité mélancolique. Son père, Ali Khamenei, qui dirigeait l’Iran depuis des décennies, a été tué le 28 février lors de l’attaque conjointe des États-Unis et d’Israël contre Téhéran.

● Selon les rapports, Mujtaba a lui aussi été blessé lors de cette attaque. Bien que le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères ait ensuite déclaré aux médias que le guide suprême « était blessé mais en bonne santé », ce détail témoigne de la gravité de la situation au cœur du pouvoir à ce moment-là.

● Dans sa déclaration d’ouverture, Mujtaba a d’abord exprimé ses condoléances pour le « sacrifice déchirant » de son père, admettant que la succession « comporte de lourdes responsabilités ». Il a lu cette déclaration en sept parties à la télévision officielle, non seulement pour rassurer la population intérieure, mais aussi pour lancer une déclaration de guerre ouverte aux forces ennemies.

● Il est notable que, selon des médias américains, la raison pour laquelle ce nouveau guide suprême n’avait jamais publié de déclaration écrite auparavant était une précaution de sécurité stricte — « craignant de révéler sa position et de mettre sa sécurité en danger ». Un officiel iranien a indiqué que Mujtaba se cache actuellement dans un lieu hautement sécurisé, avec un contact limité avec l’extérieur.

  1. « Ne pas ouvrir, faire sauter » : ultimatum aux bases militaires américaines

● La première apparition de Mujtaba Khamenei a été marquée par une mise en garde sévère à l’encontre des pays de la région. Il a exhorté les pays voisins disposant de bases américaines à « fermer immédiatement ces installations ».

● « L’ennemi a établi des bases militaires dans certains pays voisins, dont certaines sont utilisées pour attaquer l’Iran », a-t-il souligné dans sa déclaration. « L’Iran n’a pas attaqué ses voisins, mais a frappé uniquement les bases ennemies. » Il a clairement indiqué que si ces installations continuaient à fonctionner, elles deviendraient des cibles légitimes pour l’armée iranienne, et que des actions similaires seraient entreprises si nécessaire à l’avenir.

● Cependant, tout en lançant cette menace militaire, le nouveau leader a également tenté de rassurer les pays voisins en adoptant une stratégie de division. Il a expliqué que les opérations militaires de Téhéran ciblaient spécifiquement les installations américaines, et non les pays voisins eux-mêmes. « Nous croyons à l’amitié avec nos voisins, notre objectif se limite aux bases, et nous continuerons inévitablement à agir », a-t-il déclaré. Il a appelé ces pays à clarifier leur position et à fermer rapidement leurs bases américaines, affirmant que « la prétendue sécurité et paix apportée par les États-Unis n’est qu’un mensonge ».

● Les actions de l’armée iranienne semblent également confirmer cette menace. Le même jour, le conseiller du commandant des Gardiens de la révolution islamique, Jabarie, a affirmé que l’Iran avait détruit « 70 % des bases militaires et des quartiers généraux américains » au Moyen-Orient ces derniers jours. L’Iran a également publié des images satellites comparant les frappes avant et après l’opération « Vraie Promesse 4 » contre la base américaine d’Udeid au Qatar, la base de Zafar en Émirats arabes unis, pour illustrer l’efficacité de ses attaques.

  1. Hormuz : serrer la corde de l’économie mondiale

● Si la fermeture des bases américaines représente une « élimination ciblée » de la présence militaire régionale, le blocus du détroit d’Ormuz constitue une attaque « asphyxiante » contre la colonne vertébrale de l’économie mondiale.

● Mujtaba a clairement insisté dans sa déclaration sur le fait que l’Iran « doit continuer à fermer le détroit d’Ormuz comme un outil de pression contre l’ennemi ». Cette déclaration n’est pas vide de sens. En tant que passage stratégique le plus important pour le transport pétrolier mondial, la perturbation continue du détroit d’Ormuz provoque de fortes secousses sur le marché mondial de l’énergie.

● Le 13 mars, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a publié un rapport avertissant que « la guerre au Moyen-Orient provoque la plus grande interruption d’approvisionnement en pétrole de l’histoire mondiale ». La production pétrolière des pays du Golfe a diminué d’au moins 10 millions de barils par jour. Si la circulation maritime ne reprend pas rapidement, la perte d’approvisionnement pourrait s’aggraver.

● Le marché a réagi de manière très sensible. Bien que l’AIE ait annoncé que 32 pays membres avaient approuvé la libération de 400 millions de barils de réserves stratégiques, cette mesure n’a pas suffi à calmer la panique. Selon un analyste de Mitsubishi UFJ, la quantité libérée est importante, mais reste « insignifiante » face à la perte d’approvisionnement du détroit d’Ormuz — 400 millions de barils ne représentent que quatre jours de consommation mondiale de pétrole.

● Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le prix du Brent a grimpé jusqu’à 101,59 dollars le baril. Goldman Sachs prévoit que si le flux dans le détroit d’Ormuz reste faible tout au long de mars, le prix du pétrole pourrait dépasser son pic de 2008.

  1. Économie de la vengeance : la logique de la réciprocité

● Au-delà de la dimension géopolitique et militaire, la déclaration de Mujtaba intègre une « économie de la vengeance » unique. Il a non seulement promis de fournir des soins médicaux gratuits aux blessés et de compenser les pertes matérielles, mais aussi proposé une logique de revendication primitive.

● « L’Iran doit obtenir réparation de l’ennemi quoi qu’il en coûte », indique la déclaration. « Si l’ennemi refuse de payer, l’Iran confisquera ses biens. Si la confiscation n’est pas possible, l’Iran détruira ses biens équivalents. »

● Cette logique de revendication basée sur la réciprocité étend le conflit du domaine militaire à celui de l’économie. Elle sert non seulement à justifier la réponse aux victimes des attaques récentes (comme celles contre l’école Minab), mais aussi à fournir une base légale pour d’éventuelles actions contre les actifs ennemis.

  1. Impasse sur le champ de bataille et l’ombre de la « nouvelle ligne de front »

● Le discours de Mujtaba ne se limite pas à la défense, il laisse aussi entrevoir une offensive. Il a révélé que l’Iran « a étudié d’autres lignes de front, où l’ennemi est peu expérimenté et très vulnérable ». Il a averti que si la guerre se prolonge et si cela est jugé nécessaire, ces lignes pourraient être activées.

● Cela signifie que l’escalade actuelle pourrait n’être qu’un prélude. Les analystes pensent que la « nouvelle ligne de front » pourrait inclure des attaques plus larges contre Israël, des perturbations supplémentaires dans la navigation en mer Rouge, ou l’activation de forces proxy en Irak, en Syrie, au Yémen, pour coordonner des offensives contre les cibles américaines et israéliennes.

● Le jour même, la situation sur le terrain a effectivement montré des signes d’escalade. Les Gardiens de la révolution islamique ont annoncé avoir terminé la 40e et la 41e vague de l’opération « Vraie Promesse 4 », en coopération avec le Hezbollah libanais, pour frapper des cibles israéliennes et des bases américaines au Moyen-Orient. Des responsables israéliens ont indiqué que c’était la première fois depuis le début de l’offensive massive contre l’Iran que le Hezbollah et l’Iran lançaient une attaque conjointe contre Israël.

● Par ailleurs, Israël ne reste pas inactif. L’armée israélienne a déclaré avoir mené une « grande attaque aérienne » contre Téhéran et envisage une opération militaire décisive au Liban. Le Premier ministre Netanyahu a affirmé lors d’une conférence de presse le 12 mars que l’Iran « n’est plus ce qu’il était », et que la Garde révolutionnaire islamique et les milices Basyk ont « subi de lourdes pertes ».

  1. Réactions internationales et médiation

Face à la fermeté du nouveau leader iranien, la communauté internationale a rapidement réagi.

● Les États-Unis, avec le président Trump qui a déclaré le même jour que la puissance militaire américaine était « inégalée » et que l’opération contre l’Iran « avançait rapidement », tout en admettant ne pas vouloir retirer prématurément les troupes, « nous devons achever la mission ». Cependant, le coût élevé sur le terrain suscite des doutes dans l’opinion. Des responsables du Pentagone ont reconnu au Congrès que, lors des six premiers jours d’opérations, plus de 11,3 milliards de dollars avaient été dépensés.

● Le ministre israélien de la Défense, Katz, a déclaré que l’opération « n’aurait pas de limite de temps, elle se poursuivra aussi longtemps que nécessaire ».

● La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Zakharova, a indiqué que la Russie avait élaboré des propositions pour la médiation dans la crise iranienne et qu’elle menait des discussions actives à ce sujet. Elle a également condamné « l’attaque indiscriminée menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, qui est choquante ».

La première déclaration publique de Mujtaba Khamenei, bien que ferme dans ses mots, esquisse en réalité une stratégie équilibrée : en matière militaire, en frappant les bases américaines, il montre sa dissuasion ; en géopolitique, en bloquant le détroit d’Ormuz, il serre la gorge de l’économie mondiale ; en diplomatie, en différenciant le traitement des pays voisins et des États-Unis, il tente d’éviter l’isolement régional total.

Comme l’a dit l’analyste Dara Doyle, le discours du nouveau guide suprême est « assez dur », et il n’y a presque aucun signe que l’Iran soit prêt à faire des concessions aux États-Unis ou à Israël. Pour ce nouveau leader, qui vient de prendre le pouvoir avec des blessures encore visibles, cette guerre qui a commencé dès sa prise de fonction est à la fois une épreuve difficile et une « cérémonie d’initiation » pour renforcer son pouvoir et sa stature.

La reprise du trafic dans le détroit d’Ormuz dépendra de l’évolution de cette partie complexe du jeu d’échecs. Et Mujtaba Khamenei, ce nouveau timonier iranien qui s’est lancé sur la scène en pleine guerre, tente d’utiliser « le dernier levier » pour faire pencher la balance.

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