Record de 6,6 billions de dollars de dettes de fonds spéculatifs suscite l'alarme pour les obligations du Trésor américain

Les fonds spéculatifs ont accumulé un record de 6,6 trillions de dollars de levier pour financer des paris sur les obligations américaines, risquant une « onde de choc » de ventes forcées si les obligations deviennent volatiles. Les régulateurs avertissent que les positions courtes des fonds spéculatifs sur les contrats à terme sur les Treasuries ont atteint des extrêmes historiques, confirmant l’ampleur de cette opération surchargée.

Torsten Slok, l’économiste en chef d’Apollo Global Management, a récemment averti qu’un dénouement forcé pourrait transmettre des ondes de choc à l’échelle mondiale sur les marchés de la dette fixe. Il a noté que ce dénouement pourrait impacter tout, des obligations d’entreprises aux prêts hypothécaires. Le rapport du FMI d’avril 2026 a également indiqué que certains fonds spéculatifs sont devenus « d’importance systémique », ce qui signifie que leurs tensions individuelles pourraient déstabiliser l’ensemble du système financier plus large.

Par ailleurs, la concentration de cette dette est principalement liée à la « stratégie de base », où les fonds arbitrent de faibles écarts de prix entre les contrats à terme sur Treasuries et le marché au comptant. Les fonds hedgés contrôlent désormais un record de 8 % à 10,3 % du marché américain des Treasuries, évalué à $31 trillion. Le levier est financé par des accords de rachat (repos) et des opérations de courtage principal, souvent sans « décotes » (aucune exigence de collatéral). Cela rend essentiellement ces positions extrêmement sensibles à de petites hausses de taux ou à des appels de marge.

Fait notable, l’emprunt en repo des fonds spéculatifs a plus que triplé depuis 2019. Par ailleurs, l’emprunt en courtage principal s’élève à 3,2 trillions de dollars, doublant depuis 2022. La Réserve fédérale et la Banque d’Angleterre (BoE) ont averti que ces « opérations surchargées » augmentent la vulnérabilité du marché face au stress. Cependant, elles notent que le risque reste largement non traité.

Les Treasuries américaines servent de référence mondiale pour le coût du financement

Les Treasuries américaines servent de référence mondiale pour le coût du financement, et une correction brutale pourrait transmettre des ondes de choc à travers les marchés de la dette fixe, des actions et du financement international. La principale préoccupation est un « dénouement désordonné ». Les fonds pourraient être contraints de sortir de leurs positions simultanément si les conditions du marché changent en raison de perturbations sur le marché du repo, d’incertitudes politiques ou de pics de volatilité. Cela pourrait submerger la capacité d’intermédiation des courtiers, conduisant à un vide de liquidité similaire à la crise de mars 2020.

Bien que ces opérations offrent généralement de la liquidité en période stable, des épisodes historiques comme la crise du repo de 2019 montrent à quelle vitesse elles peuvent amplifier l’instabilité financière. Apollo et la BoE ont signalé que les paris record des fonds spéculatifs sur les Treasuries américaines constituent un risque susceptible d’aggraver les chocs sur les marchés mondiaux.

Les 6,6 trillions de dollars représentent une exposition notionnelle brute, et non simplement le cash investi. Les fonds spéculatifs agissent comme des banques de l’ombre, intervenant pour acheter des Treasuries que les banques traditionnelles ne peuvent plus détenir en raison des réglementations. Cependant, ces fonds doivent emprunter 40 à 60 fois leur capital sur le marché du repo (prêts à court terme) pour rendre la transaction rentable, car l’écart est minuscule (souvent une fraction de cent). Par ailleurs, les banques de repo (prêteurs) peuvent exiger des garanties supplémentaires (un appel de marge) si le marché obligataire devient volatile (par exemple, en raison de surprises sur les données d’inflation ou de craintes géopolitiques).

L’analyste soulève des inquiétudes concernant la sortie rapide des fonds spéculatifs du marché des Treasuries

L’analyste Molly Brooks de TD Securities a récemment noté que les fonds spéculatifs pourraient sortir rapidement si la volatilité augmente ou si les opportunités d’arbitrage sur le marché des Treasuries américaines diminuent. La stratégiste en taux d’intérêt chez TD Securities s’est interrogée sur qui pourrait absorber l’offre si les fonds spéculatifs quittent rapidement le marché des Treasuries, surtout avec près de $10 trillion en Treasuries arrivant à échéance et devant être renouvelés l’année prochaine.

L’ancien secrétaire au Trésor américain Henry Paulson a également exprimé ces préoccupations, appelant récemment les décideurs à établir des plans de contingence pour des scénarios extrêmes où la demande pour les Treasuries américaines s’effondrerait. Cependant, malgré ces avertissements, certains stratégistes du marché comme Brooks considèrent que la position record est une réponse rationnelle à des rendements élevés plutôt qu’une crise imminente. Brooks suggère que les changements réglementaires limitant la capacité des banques à absorber les Treasuries ont rendu les fonds spéculatifs essentiels au maintien de la liquidité du marché.

William Merz, responsable de la recherche sur les marchés de capitaux chez U.S. Bank Asset Management Group, soutient également que ces paris record des fonds spéculatifs sur les Treasuries américaines reflètent un changement dans la mécanique du marché plutôt qu’un effondrement fondamental de la demande. Il note en outre que la part des Treasuries détenue par les investisseurs individuels et les fonds mutuels augmente également régulièrement. Cependant, il affirme que les discussions sur une « vente massive » de ces actifs américains ne se reflètent pas encore dans les données de détention réelles.

Merz insiste également sur le fait que ce changement n’a pas fondamentalement modifié la logique de tarification à moyen et long terme des Treasuries. Il n’y a également aucun signe d’un effondrement global de la demande. Cependant, le rendement du bon du Trésor américain à 10 ans a chuté de 6,5 points de base à 4,24 %, en partie en raison des espoirs des investisseurs d’un éventuel cessez-le-feu au Moyen-Orient.

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