Récemment, j'ai examiné la tendance de l'euro sur 20 ans, et j'ai trouvé cela assez intéressant. Depuis sa mise en circulation officielle en 2002 jusqu'à aujourd'hui, cette monnaie a connu de nombreux hauts et bas — crise financière, crise de la dette européenne, pandémie, guerre russo-ukrainienne, presque chaque grand événement a laissé une trace sur le taux de change de l'euro.



Ce qui s'est passé en 2008 a été un tournant. À l'époque, l'euro face au dollar a atteint 1,6038, un sommet historique, mais a rapidement culminé puis est redescendu. Lors de l'éclatement de la crise des subprimes aux États-Unis, le système bancaire européen a aussi été affecté, avec un resserrement du crédit, une récession économique, des déficits budgétaires en hausse dans plusieurs pays, et plus tard la crise de la dette européenne, ce qui a entraîné une baisse prolongée de l'euro. Pendant cette période, la BCE a constamment abaissé ses taux d’intérêt et mené une politique de relâchement quantitatif, mais cela n’a fait que retarder la récession, sans pouvoir arrêter la pression à la dépréciation de l’euro.

Ce qui est intéressant, c’est qu’au début de 2017, l’euro est tombé à 1,034, frôlant le niveau le plus bas de l’histoire. À cette époque, la crise de la dette européenne était presque résolue, la politique monétaire accommodante de la BCE commençait à faire ses effets, et les données économiques s’amélioraient — le taux de chômage est descendu en dessous de 10 %, le PMI manufacturier a dépassé 55, la confiance du marché dans la zone euro a commencé à se redresser. Avec les élections en France et en Allemagne cette année-là, le marché anticipait la montée au pouvoir de gouvernements pro-européens, et les négociations du Brexit étaient en cours, ce qui a progressivement absorbé l’incertitude, permettant à l’euro de rebondir.

En février 2018, l’euro a brièvement atteint 1,2556, mais ce sommet n’a pas duré longtemps. La Fed a commencé à relever ses taux, le dollar s’est renforcé, et l’économie de la zone euro a de nouveau ralenti, avec une instabilité politique en Italie, ce qui a fait chuter l’euro.

Le vrai tournant est survenu en septembre 2022. L’euro est tombé à 0,9536, atteignant son plus bas niveau en 20 ans — en dessous du plus bas de 2017. À cette époque, la guerre russo-ukrainienne venait d’éclater, les prix de l’énergie en Europe ont explosé, l’inflation a dérapé, et le marché a été envahi par une forte aversion au risque, les capitaux se sont tournés vers le dollar. Mais par la suite, la BCE a commencé à relever ses taux, mettant fin à huit années de taux d’intérêt négatifs, les prix de l’énergie ont commencé à se calmer, et l’euro a lentement rebondi.

Au début de 2025, l’euro est retombé autour de 1,02, un nouveau creux sur deux ans. À cette période, les données économiques de la zone euro étaient désastreuses — l’Allemagne a connu deux années de récession, l’activité manufacturière en France a atteint ses plus faibles niveaux depuis mai 2020, la confiance des consommateurs et des entreprises était très basse. Plus important encore, la divergence de politique monétaire entre la Fed et la BCE s’est accentuée : la Fed a tardé à réduire ses taux, tandis que la BCE envisageait de les abaisser fortement, ce qui a élargi la différence de taux d’intérêt, renforçant le dollar. Après la victoire de Trump, les inquiétudes concernant les politiques tarifaires ont augmenté, et le dollar a commencé à monter en début d’année, ce qui a affaibli l’euro.

Mais la tendance s’est inversée rapidement. Fin janvier 2026, l’euro face au dollar a dépassé 1,20, une première depuis juin 2021. Cependant, ce n’était pas une force intrinsèque de l’euro, mais plutôt un affaiblissement général du dollar. Trump attaquait fréquemment l’indépendance de la Fed, menaçait ses alliés de taxes douanières, ce qui a accru les inquiétudes des investisseurs sur la politique économique américaine, entraînant une fuite des capitaux vers l’extérieur des actifs américains, et l’euro a ainsi commencé à s’apprécier. De plus, la Fed prévoit de continuer à réduire ses taux en 2026, tandis que la BCE pourrait maintenir ou même durcir sa politique, ce qui réduirait l’écart de taux et renforcerait l’attractivité de l’euro.

Pour les cinq prochaines années, je pense que plusieurs facteurs clés méritent d’être surveillés. D’abord, la divergence de politique monétaire entre la Fed et la BCE — c’est la variable la plus déterminante pour le taux de change de l’euro. Si la Fed continue de réduire ses taux et que la BCE reste stable, la réduction de l’écart de taux pourrait faire monter l’euro. Ensuite, la croissance économique et les mesures de relance budgétaire dans la zone euro, notamment une expansion fiscale massive en Allemagne, si elle est bien menée, pourraient améliorer les perspectives de croissance, permettant à l’euro de rebondir vers 1,20-1,25. Ensuite, la géopolitique et les prix de l’énergie — ce sont des variables bidirectionnelles. Si la tension géopolitique se calme rapidement et que les prix de l’énergie baissent, cela serait très favorable à la zone euro, améliorant les conditions commerciales, réduisant les coûts des entreprises, et stimulant la croissance économique. À l’inverse, si le conflit s’intensifie, le risque d’inflation stagnante augmenterait, forçant la BCE à faire face à un dilemme politique, et les capitaux pourraient se tourner vers le dollar comme valeur refuge.

En résumé, en 2026, la tendance de l’euro devrait être plutôt haussière. Surtout si la Fed continue de réduire ses taux, que l’écart de taux entre les États-Unis et l’Europe se réduit, et que les risques liés à l’énergie s’atténuent, la dynamique de rebond de l’euro sera plus marquée. Sur le long terme, avec le soutien de facteurs structurels, l’euro devrait rester relativement stable, mais une hausse unilatérale continue sera difficile à maintenir.

Si vous envisagez d’investir dans l’euro, il serait judicieux de suivre de près l’évolution de l’écart de taux entre la Fed et la BCE, la mise en œuvre des mesures de relance en Allemagne, ainsi que les risques géopolitiques et énergétiques. Ce sont là des indicateurs clés pour l’évolution de l’euro.
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