Le président de la SEC avertit : comment une réglementation erronée peut transformer les cryptomonnaies en un "panoptique financier"

Discours révolutionnaire de Paul S. Atkins sur l’équilibre entre surveillance et liberté

Le président de la Securities and Exchange Commission (SEC) américaine, Paul S. Atkins, a prononcé le 15 décembre un discours révolutionnaire axé sur l’un des défis les plus cruciaux du marché financier contemporain : comment réguler la technologie blockchain sans détruire les valeurs fondamentales de liberté individuelle. Ce discours, prononcé lors d’une table ronde de la SEC consacrée aux cryptomonnaies, aborde une question clé – est-il possible d’instaurer un cadre réglementaire efficace sans compromettre la vie privée des citoyens.

Une vision dangereuse : le “Panopticon financier” en approche

Le cœur de l’avertissement de Paul S. Atkins concerne une menace précise : si les décideurs adoptent une régulation consistant à obliger chaque portefeuille à s’enregistrer en tant que courtier, chaque transaction à être déclarée, et chaque code à être traité comme une bourse, l’écosystème des cryptomonnaies pourrait être transformé en le système de surveillance financière le plus puissant de l’histoire de l’humanité.

Une telle vision n’est pas une simple alerte alarmiste. Comme l’a souligné Atkins, la blockchain, par sa nature, offre une transparence totale – chaque transaction étant enregistrée dans un registre public. Les entreprises d’analyse modernes sont déjà capables de relier efficacement l’activité on-chain aux identités réelles off-chain. La menace est donc tangible et imminente.

Leçon du passé : comment les systèmes traditionnels protégeaient la vie privée par l’inconvénient

Atkins évoque le paradoxe de l’ère analogique. La documentation papier, l’archivage physique et les processus manuels – bien que peu pratiques pour les administrations – limitaient naturellement la collecte de données sur chaque investisseur. Elles constituaient une sorte de “filtre naturel” protégeant la vie privée par des contraintes techniques.

L’ère numérique a levé ces barrières. Des systèmes comme le CAT (Consolidated Audit Trail), les entrepôts de données sur les swaps ou les formulaires PF peuvent désormais accumuler d’énormes quantités d’informations. La SEC affirme que ces outils sont indispensables pour la protection des investisseurs et la sécurité du marché, mais – comme le note Atkins – la soif insatiable du gouvernement pour les données pousse à leur extension constante, engendrant des coûts pour l’industrie qui apportent souvent une valeur ajoutée minimale.

La philosophie de Hayek face à la réalité numérique

Le président de la SEC évoque l’idée de Friedrich von Hayek dans “L’orgueil fatale” – la conviction qu’il est possible de résoudre tous les problèmes en rassemblant suffisamment de personnes intelligentes et de données dans une seule pièce. La pratique a cependant montré le contraire. Cette référence à la théorie économique classique n’est pas anodine – elle sert d’avertissement que les tendances observées dans le système financier traditionnel pourraient être amplifiées par la technologie blockchain si l’on n’y prend pas garde.

Une solution surprenante : les outils de protection de la vie privée peuvent réduire, non augmenter, la surveillance

En poursuivant son discours, Paul S. Atkins dévoile son message principal – il ne s’agit pas de s’opposer à toute régulation. Il s’agit de la concevoir intelligemment.

La technologie blockchain a apporté des outils que le monde traditionnel ne connaissait pas : preuves à divulgation zéro, divulgation sélective de données, et projets de portefeuilles permettant aux utilisateurs de prouver leur conformité sans devoir révéler leur historique complet de transactions ni leurs données personnelles détaillées.

Ces outils peuvent servir de pont entre l’intérêt du gouvernement à lutter contre les menaces pour la sécurité financière et celui des citoyens à préserver leur vie privée. Par exemple, une plateforme régulée pourrait confirmer qu’un utilisateur a passé une vérification, sans avoir à conserver des enregistrements détaillés de chaque transaction ou transfert effectué. C’est une transformation fondamentale du paradigme : passer de “tout collecter et trier plus tard” à “vérifier la conformité sans intrusion dans les détails”.

Le vrai coût d’une transparence totale pour les marchés

Atkins soulève également une problématique pratique rarement abordée dans le discours réglementaire. Une transparence totale et effective des blockchains publiques pourrait paralyser de nombreuses activités sur les marchés financiers.

De nombreuses institutions financières dépendent de leur capacité à construire des positions, tester des stratégies et assurer la liquidité sans révéler immédiatement leurs actions à la concurrence. Si chaque ordre était visible en temps réel, des phénomènes comme le frontrunning, la copie de stratégies ou le comportement grégaire deviendraient non seulement plus courants – ils rendraient la gestion des risques presque impossible pour les sociétés de market making. Le résultat serait une liquidité affaiblie et des coûts de transaction plus élevés pour l’ensemble du marché.

C’est un exemple de comment une régulation excessive peut entraîner des conséquences économiques involontaires.

La voie à suivre : coopération plutôt que confrontation

Le discours de Paul S. Atkins ne se limite pas à des avertissements. Le président de la SEC propose une vision de compromis : mettre en place un cadre qui permette de réaliser les fonctions de sécurité nationale tout en protégeant les citoyens contre la surveillance de masse et en favorisant l’innovation.

L’élément clé de cette vision est de reformuler l’hypothèse initiale. Au lieu de suspecter tous les utilisateurs de cryptomonnaies par défaut, le système devrait faire confiance à une activité légale, en utilisant des capacités technologiques pour soutenir la vie privée de ceux qui agissent dans le cadre de la loi.

Implications pour l’avenir de la régulation des cryptomonnaies

Ce discours marque un changement de ton pour la SEC. Atkins suggère que l’administration actuelle (depuis janvier de cette année) met l’accent sur un retour du pouvoir aux citoyens, y compris dans la gestion des finances et des cryptomonnaies. Cela ne signifie pas l’absence de régulation, mais sa refonte – une régulation plus intelligente, adaptée à la réalité technologique du XXIe siècle.

Pour les investisseurs et les projets blockchain, c’est un moment décisif. La question est désormais : le marché financier pourra-t-il s’adapter aux nouvelles technologies sans tomber sous un contrôle total, ou l’histoire se répétera-t-elle sous une forme encore plus intrusive qu’auparavant ? Le discours de Paul S. Atkins laisse entendre qu’un tel équilibre est possible – à condition que les décideurs soient prêts à opérer des changements.

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