La Sécurité Sociale constitue la bouée de sauvetage financière de l’Amérique pour près de 63 millions de retraités et bénéficiaires. Plus d’un tiers de cette population dépend entièrement de ces chèques pour éviter la pauvreté. Pourtant, un mythe persistant continue de hanter le discours public : celui selon lequel le Congrès aurait volé des milliards du programme, le laissant au bord de l’effondrement. Mais la véritable histoire ? Bien plus nuancée que ce que suggèrent les gros titres.
La crise qui n’est pas ce que vous pensez
Les chiffres sont alarmants en surface. Les réserves d’actifs de la Sécurité Sociale, s’élevant à 2,9 trillions de dollars, seront épuisées d’ici 2034 si les tendances actuelles se maintiennent. Au-delà, à moins que les législateurs n’agissent, les bénéficiaires pourraient faire face à une réduction de 21 % de leurs prestations, un scénario cauchemardesque étant donné que 62 % des retraités dépendent de ces chèques pour au moins la moitié de leurs revenus.
Le coupable, selon beaucoup, est évident : le Congrès aurait pillé le Fonds de réserve de la Sécurité Sociale. Depuis des décennies, les législateurs ont emprunté sur le surplus du programme pour financer les opérations générales du gouvernement. Depuis 1983, la Sécurité Sociale a collecté plus d’argent qu’elle n’en a dépensé chaque année, accumulant près de 2,9 trillions de dollars en excédents nets de trésorerie. La question qui suscite la colère : où est passé tout cet argent ?
Voici où la narration populaire s’effondre.
La méprise sur les 2,9 trillions de dollars
Selon la loi, les excédents de la Sécurité Sociale doivent être investis dans des obligations et certificats de dette émis par le gouvernement. C’est ici que l’histoire devient tordue. Les critiques soutiennent que le Congrès aurait essentiellement pillé une caisse verrouillée, transformant de l’argent tangible en IOU tout en utilisant la trésorerie réelle ailleurs.
La réalité ? Le Congrès n’a pas volé un seul centime de la Sécurité Sociale, malgré l’arrangement d’emprunt de 2,9 trillions de dollars.
Voici pourquoi : ces obligations gouvernementales ne sont pas de simples promesses en l’air. Les 2,9 trillions de dollars détenus par la Sécurité Sociale génèrent de véritables revenus d’intérêts. Fin 2018, le rendement moyen de ces obligations était de 2,85 %. Cet arrangement a permis au programme de percevoir 85,1 milliards de dollars d’intérêts en 2017 seulement, avec des projections suggérant $804 milliards de dollars en revenus d’intérêts globaux entre 2018 et 2027.
Les obligations sont garanties par la pleine foi et crédit du gouvernement américain. Elles arrivent à échéance entre 1 et 15 ans, offrant au Fonds de réserve une flexibilité pour capitaliser sur la hausse des rendements et ajuster stratégiquement ses investissements.
Pourquoi exiger le remboursement serait contre-productif
Certaines voix appellent le Congrès à rembourser ces 2,9 trillions de dollars en totalité, avec intérêts, arguant que cela résoudrait les problèmes de la Sécurité Sociale. Ce n’est pas le cas. En fait, cela aggraverait la situation.
Un remboursement complet obligerait le gouvernement fédéral à trouver 2,9 trillions de dollars en capacité d’emprunt alternative. Mais plus important encore, cela priverait la Sécurité Sociale de ses actifs générateurs d’intérêts. Le programme passerait immédiatement d’une position bénéficiaire à une hémorragie de liquidités — exactement le contraire de ce que souhaitent ses défenseurs.
L’argent en caisse, inactif dans un coffre, perd chaque année du pouvoir d’achat à cause de l’inflation. Que la Sécurité Sociale détienne des obligations ou de la trésorerie, la valeur totale des actifs reste à 2,9 trillions de dollars. Le remboursement ne changerait pas cette équation ; il éliminerait simplement le flux de revenus qui maintient le programme à flot plus longtemps.
Le vrai problème — et ce n’est pas la faute du Congrès
La crise imminente de la Sécurité Sociale découle de changements démographiques : départs à la retraite des baby-boomers, augmentation de l’espérance de vie, baisse des taux de natalité et accroissement des inégalités de revenus. Depuis 1985, le Conseil de surveillance de la Sécurité Sociale a averti que les recettes à long terme ne suffiraient pas à maintenir le calendrier actuel des paiements avec les ajustements pour le coût de la vie.
Le programme prévoit de commencer à dépenser plus qu’il ne collecte chaque année dans les prochaines années — c’est la première fois depuis 1982 que des sorties nettes de trésorerie se produisent. À mesure que ce déficit augmente, ces réserves d’actifs s’épuiseront effectivement d’ici 2034, sauf si le Congrès intervient pour ajuster les prestations.
Mais ce n’est pas un détournement. C’est le résultat prévisible d’un programme conçu en 1935 qui rencontre les réalités démographiques du XXIe siècle.
La conclusion
Blâmer le Congrès pour « voler » la Sécurité Sociale constitue un discours populiste séduisant, mais il est totalement hors de propos. Le gouvernement fédéral a respecté ses obligations d’emprunt, payé les intérêts de ses dettes, et maintenu les fonds de la Sécurité Sociale séparés des dépenses générales. Aucun vol n’a eu lieu — seulement des pressions structurelles prévisibles qui exigent de véritables solutions politiques, et non des boucs émissaires.
La véritable discussion devrait porter sur des solutions durables : ajuster les plafonds de cotisations sociales, augmenter progressivement l’âge de la retraite complète, instaurer une taxation différenciée pour les revenus plus élevés, ou une combinaison de ces mesures. Tant que les décideurs ne s’attaqueront pas à ces défis fondamentaux, le compte à rebours de la Sécurité Sociale continuera de s’écouler, peu importe qui est blâmé pour les emprunts passés.
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Le Congrès a emprunté 2,9 billions de dollars à la Sécurité sociale — mais a-t-il vraiment volé quelque chose ?
La Sécurité Sociale constitue la bouée de sauvetage financière de l’Amérique pour près de 63 millions de retraités et bénéficiaires. Plus d’un tiers de cette population dépend entièrement de ces chèques pour éviter la pauvreté. Pourtant, un mythe persistant continue de hanter le discours public : celui selon lequel le Congrès aurait volé des milliards du programme, le laissant au bord de l’effondrement. Mais la véritable histoire ? Bien plus nuancée que ce que suggèrent les gros titres.
La crise qui n’est pas ce que vous pensez
Les chiffres sont alarmants en surface. Les réserves d’actifs de la Sécurité Sociale, s’élevant à 2,9 trillions de dollars, seront épuisées d’ici 2034 si les tendances actuelles se maintiennent. Au-delà, à moins que les législateurs n’agissent, les bénéficiaires pourraient faire face à une réduction de 21 % de leurs prestations, un scénario cauchemardesque étant donné que 62 % des retraités dépendent de ces chèques pour au moins la moitié de leurs revenus.
Le coupable, selon beaucoup, est évident : le Congrès aurait pillé le Fonds de réserve de la Sécurité Sociale. Depuis des décennies, les législateurs ont emprunté sur le surplus du programme pour financer les opérations générales du gouvernement. Depuis 1983, la Sécurité Sociale a collecté plus d’argent qu’elle n’en a dépensé chaque année, accumulant près de 2,9 trillions de dollars en excédents nets de trésorerie. La question qui suscite la colère : où est passé tout cet argent ?
Voici où la narration populaire s’effondre.
La méprise sur les 2,9 trillions de dollars
Selon la loi, les excédents de la Sécurité Sociale doivent être investis dans des obligations et certificats de dette émis par le gouvernement. C’est ici que l’histoire devient tordue. Les critiques soutiennent que le Congrès aurait essentiellement pillé une caisse verrouillée, transformant de l’argent tangible en IOU tout en utilisant la trésorerie réelle ailleurs.
La réalité ? Le Congrès n’a pas volé un seul centime de la Sécurité Sociale, malgré l’arrangement d’emprunt de 2,9 trillions de dollars.
Voici pourquoi : ces obligations gouvernementales ne sont pas de simples promesses en l’air. Les 2,9 trillions de dollars détenus par la Sécurité Sociale génèrent de véritables revenus d’intérêts. Fin 2018, le rendement moyen de ces obligations était de 2,85 %. Cet arrangement a permis au programme de percevoir 85,1 milliards de dollars d’intérêts en 2017 seulement, avec des projections suggérant $804 milliards de dollars en revenus d’intérêts globaux entre 2018 et 2027.
Les obligations sont garanties par la pleine foi et crédit du gouvernement américain. Elles arrivent à échéance entre 1 et 15 ans, offrant au Fonds de réserve une flexibilité pour capitaliser sur la hausse des rendements et ajuster stratégiquement ses investissements.
Pourquoi exiger le remboursement serait contre-productif
Certaines voix appellent le Congrès à rembourser ces 2,9 trillions de dollars en totalité, avec intérêts, arguant que cela résoudrait les problèmes de la Sécurité Sociale. Ce n’est pas le cas. En fait, cela aggraverait la situation.
Un remboursement complet obligerait le gouvernement fédéral à trouver 2,9 trillions de dollars en capacité d’emprunt alternative. Mais plus important encore, cela priverait la Sécurité Sociale de ses actifs générateurs d’intérêts. Le programme passerait immédiatement d’une position bénéficiaire à une hémorragie de liquidités — exactement le contraire de ce que souhaitent ses défenseurs.
L’argent en caisse, inactif dans un coffre, perd chaque année du pouvoir d’achat à cause de l’inflation. Que la Sécurité Sociale détienne des obligations ou de la trésorerie, la valeur totale des actifs reste à 2,9 trillions de dollars. Le remboursement ne changerait pas cette équation ; il éliminerait simplement le flux de revenus qui maintient le programme à flot plus longtemps.
Le vrai problème — et ce n’est pas la faute du Congrès
La crise imminente de la Sécurité Sociale découle de changements démographiques : départs à la retraite des baby-boomers, augmentation de l’espérance de vie, baisse des taux de natalité et accroissement des inégalités de revenus. Depuis 1985, le Conseil de surveillance de la Sécurité Sociale a averti que les recettes à long terme ne suffiraient pas à maintenir le calendrier actuel des paiements avec les ajustements pour le coût de la vie.
Le programme prévoit de commencer à dépenser plus qu’il ne collecte chaque année dans les prochaines années — c’est la première fois depuis 1982 que des sorties nettes de trésorerie se produisent. À mesure que ce déficit augmente, ces réserves d’actifs s’épuiseront effectivement d’ici 2034, sauf si le Congrès intervient pour ajuster les prestations.
Mais ce n’est pas un détournement. C’est le résultat prévisible d’un programme conçu en 1935 qui rencontre les réalités démographiques du XXIe siècle.
La conclusion
Blâmer le Congrès pour « voler » la Sécurité Sociale constitue un discours populiste séduisant, mais il est totalement hors de propos. Le gouvernement fédéral a respecté ses obligations d’emprunt, payé les intérêts de ses dettes, et maintenu les fonds de la Sécurité Sociale séparés des dépenses générales. Aucun vol n’a eu lieu — seulement des pressions structurelles prévisibles qui exigent de véritables solutions politiques, et non des boucs émissaires.
La véritable discussion devrait porter sur des solutions durables : ajuster les plafonds de cotisations sociales, augmenter progressivement l’âge de la retraite complète, instaurer une taxation différenciée pour les revenus plus élevés, ou une combinaison de ces mesures. Tant que les décideurs ne s’attaqueront pas à ces défis fondamentaux, le compte à rebours de la Sécurité Sociale continuera de s’écouler, peu importe qui est blâmé pour les emprunts passés.